| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : corto
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| Ce récit a été lu par
709 visiteur(s) ! Distance : 71 kms Matos : Objectifs : Se défoncer |
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| L'enfer vert de l'O'rigole | ||||
Il y a quelques jours je vous ai présenté une course
Voir ici
Voici donc mon CR de l'enfer vert en région parisienne
Prologue:
En 2006 quand je participe à cette course (voir ici), je me jure d'y revenir en 2007 sur la longue distance. C'est donc depuis 1 an que j'attends impatiemment cette course. Je sais ce qui m'y attend, et surtout je connais la difficulté de cette course.
Mais voila, qu'une semaine avant la course, les conditions météo se dégradent. Il pleut chaque jours, et mes entraînements en forêt me laisse entrevoir ce que va être le terrain.
Très gras, boueux comme pas possible. Et que dire des températures qui chutent, ainsi que les vents de 100km/h qui se présente sur la côte française normande la veille de la course.
Le jour de la course:
Dominique alias "monstertruck" et Sandrine alias "Taz28" nous proposent un AAB et AAM (Appel A Boire/ Appel A Manger) au "routier" de Plaisir c'est à dire chez Monstertruck lui même. Une invitation que j'accepte volontiers et dont je ne serai pas du tout déçu.
En effet j'habite à 4km de chez lui, et la perspective de rencontrer plusieurs Kikoureurs lors d'un repas me fait énormément plaisir. Certain viennent de très loin (Haute-Savoie, Hollande le pays de la tulipe, Canne, la Normandie...) pour participer à la course, et pour faire une halte chez nos hôtes.
C'est donc devant un bon plat de pâtes, accompagné de boisson diverse que je fais la connaissance des autres kikous. L'ambiance est extra et très conviviale et forcement nos discussions tournent autours de nos motivations, de tel ou tel courses de malade (Mauritanie,Himalaya, Portugal...), du budget de notre passion etc...
Apres un bon repas, nous attaquons les super crêpes au Nutella, ainsi que les Loukoums de Cloclo qu'il a ramené de son dernier voyage, ainsi que du café dans une atmosphère détendu et conviviale.
Puis certain commence à se changer, tel "L'Castor junior" qui m'amuse avec ses deux montres techniques à chaque poignée. Forcement la conversation vire sur les équipements mais surtout tels ou tels modèles de chaussure. Comme Noël approche nous sommes à la recherche d'idée cadeaux.
Puis c'est le moment du départ. Chacun monte dans les voitures et le convois fait route sur le Perray en Yvelines.
Nous arrivons enfin au gymnase ou nous retrouvons d'autres Kikoureurs, pour la photo de groupe après nous être finis de nous changer et de se préparer.
Puis c'est le moment du briefing, ou l'organisateur, nous préviens que les conditions sont très difficiles. En effet je vous livre ici une description du site:
"En 1239 est érigée en paroisse la Villa Nova de Pereio in Aquilina. C'est alors un village de laboureurs et de bûcherons situé sur la route qui mène de Paris à Chartres.
C'est pour alimenter en eau le château de Versailles que Louis XIV fit creuser au Perray-en-Yvelines un étang de dix hectares alimenté par un système de rigoles. Cela permit d'assainir le territoire de la commune (environ 15 000 ha) et par contre coup le développement du village."
C'est donc une véritable zone boueuse suite à la pluviométrie des derniers jours.
Il ne reprendra pas les termes de l'année dernière. Mais rapidement il y a plusieurs boucles. Et la difficulté et principalement rouge et noir (comme au skie). Mais cette année ce sera que de la piste noire.
Puis c'est enfin le moment du départ vers la place de la mairie ou le coup de feu sera donné à minuit. C'est en une longue procession de frontale et par groupe que nous nous dirigeons donc vers la ligne de départ.
Une fois sur place, ça plaisante, rassure, ou fait peur, chacun ayant ses attentes, son expérience.
Puis c'est le coup de feu.
Top départ:
Je m'élance avec le milieu de peloton, cherchant rapidement à suivre le rythme des
coureurs du 71km et non ceux du 25km. Mais cela part rapidement, trop rapidement à mon goût et j'en fais la remarque à Tounik avec qui pour le moment je cours. Je lui dis d'en garder sous le pied. Il y a aussi RTTH qui suit. Nous sommes donc un petit groupe de 3 quittant le départ en nous élançant à travers la ville vers la forêt situé 3km plus loin et véritable commencement de la course.
Je commence à trouver mon rythme et lâche mes deux compagnons, rattrapant le Monster (qui court le 25km) et le dépassant même. Décidemment je cours trop vite, mais je me sens terriblement bien, et je sais que ce début est relativement roulant, comparé à ce qui m'attends quelques mètres plus loin.
C'est effectivement après avoir passé le pont de l'autoroute, que nous franchissons le fossé qui nous mènera dans la forêt et le début de l'enfer.
Car enfer il y a. C'est de la boue à n'en plus finir, de l'eau qui ruisselle de partout le terrain et la végétation n'arrivant même plus a absorber le trop plein.
Ca glisse, ça mouille, ça fouette les jambes au passage de fougères, branches, herbes hautes etc. L'année dernière je me prenais pour un sanglier, cette année je me prends pour un alligator.
Lors des passages de rigole il faut sauter assez loin sur le plat opposé, pour ne pas glisser et se retrouver dans l’eau jusqu'à la taille. Car j'ai vu des coureurs disparaîtrent totalement, dans ce qu'on pouvait croire des flaques d'eau, immergé jusqu'à la taille.
Et puis attention aux devers, totalement rendu glissant. Déjà que ce n’est pas facile de courir à cause des devers qui nous font une jambe plus courte que l'autre, mais alors sur terrain gras et glissant c'est pire encore.
Et puis on continuera ce parcours du combattant au travers de végétation différente suivant notre progression. Ici des tourbières, ici de hautes fougères, là une jeune forêt où nous devrons zigzaguer entres les jeunes pousses d'arbres.
Les premiers Km je m'hydrate freqemment, toutes les 15 minutes. Puis je commence à grignoter, mais là j'ai un souci. Les petits saucissons "cocktail" aux noix que j'ai emporté ne passe pas. Je continue de courir à travers cet enfer vert malgré tout.
Vers le 20eme Km, je refais une tentative de grignotage avec une barre de céréale. Mais je suis obligé de la recracher, ayant un haut le coeur. Je me contente donc de m'hydrater, mais bientôt même la flotte ne passe plus.
Autours du 23Km, alors que j'ai du mal à relancer la machine, je suis rejoins par le Castor.
Il ne semble pas trop marqué quoi que. J'essaye de m'accrocher à son train, mais dès l'entrée en ville sur le bitume mes jambes me font souffrir. Pas évident de courir sur du bitume après 23km dans de la boue, sur un sole complètement détrempé donc complètement mou.
De plus beaucoup d'énergie a été dépensé sur ce sol rendu glissant.
Je me dirige donc vers le gymnase, lieu du premier ravitaillement et fin de la première boucle, en marchant. Cela fait 10 minutes qu’il s’est remis à pleuvoir. En rajoutant à mon mal au bide, mes hauts le coeur, la fatigue, les jambes dures, et le manque d'alimentation donc d'énergie.
J'arrive enfin au gymnase, dans lequel j'entre en essayant d'avoir l'air fringuant. Taz et Rapacette sont là pour nous accueillir, je leur fais un sourire, mais je cherche le Castor.
J'ai besoin d'avoir un référent (il est meilleur que moi) pour savoir ce qu'il pense de ce que je peux éventuellement couvrir, ainsi que sur ses pensées concernant la dureté de l'épreuve.
Il est marqué (déjà au bout de 25km), mais semble vouloir repartir assez rapidement.
Pour ma part étant inquiet, je vais me changer avec un TS sec avant de repartir.
Mais c'est illusoire de croire que je vais repartir. On me signale que je suis blanc comme un linge, et que j'ai les lèvres violettes. D'ailleurs voici une citation de Vetchar:
"j'aurais dû te prendre en photo après la première boucle: tout blanc, avec des lèvres violettes.... un vrai revenant!!!!!! à faire peur, tu parles, personne ne t'aurais laissé repartir!!!! sois sans regret, et à la suivante!!! à+"
Je vais donc voir un pompier dont je sais qu'il est médecin pour l'avoir rencontré cette année sur le TVC. Celui ci me conseille de boire un mélange eau-coca et de me mettre au sec. Mais c'est que je viens de me changer!!! Apparemment pas assez à son goût.
Je comprends que la suite de la course est en train de m'échapper. Et puis autour de moi beaucoup décide d'arrêter de ne pas continuer.
Je suis troublé par cette hécatombe qui mine encore plus ma conviction de vouloir repartir malgré mon état. C'est lorsque je me dirige d'un pas décidé au WC pour rendre mon estomac que je sais que c'est terminé. Même si j'y crois encore, ils viennent d'annoncer "plus que 5 minutes, avant la barrière horaire".
Non je ne peux plus m'élancer maintenant. Je ferai quelques centaines de metres tout au plus avant de rebrousser chemin. Et encore si mes intestins m'en laisse la force.
Je vais donc voir les responsables du chrono afin de leur signaler mon abandon.
Puis sur insistance d'un kikoureur, je vais prendre une douche chaude avant de mettre mes affaires civiles.
Enfin c'est complètement dépité, que je dis au revoir aux quelques kikoureurs restant. Et c'est avec RTTH qui a abandonné aussi que je rentre chez moi à 4h du matin complètement épuisé, et mon sac à vomis (vide) à la main.
Voila ce n'est que partis remise. L'O'rigole me reverra en 2008 pour la revanche. A moins que la gastro ne m'en empêche.
Je remercie Monstertruck et Taz pour leur invitation.
Je remercie l'ensemble des Kikoureurs pour leur gentillesse et leur convivialité
Je remercie tout comme je l'avais fait en 2006 l'organisateur et les bénévoles pour ce Magnifique trail.
Pour termine je vous fais quelques copier coller de participants. Sur 173 partants, seulement 63 sont allé au bout des 71km
"humide l'origole c'est le moins qu'on puisse dire!!! difficile de courir dans la boue, on ressemblait a des danseuses saoules"
"...Il fallait du courage pour prendre le départ cette nuit Corto avait probablement raison : l'Origole c'est plus dur que les Templiers, surtout dans ces conditions..."
"Les conditions étaient vraiment difficile, et j'ai retrouvé là les mêmes difficultés techniques qu'au Mercantour qui m'ont paralaysé, sauf qu'ici les barrières horaires sont démentes
L'Castor Junior_ki_aurait_pu_finir_aujourd'hui_sa_course_la_plus_difficile_de_l'année..."
"Apparemment Mare à Boue-Kerveguen c'était la sécheresse à côté de l'Origole"
"les conditions climatiques étaient de folie"
"Bravo a tous finisher ou non .... il faut déjà être un peu "débile-mongol" pour partir dans des conditions si dantesque ....Mais bon étant sur un site de "déplacés et cintrés du bocal" j'en attendai pas moins ....
bonne remise en condition et bon courage aux machines à laver .... "
"Et ce trail de l'O'Rigole, ce fut comment... et bien hardu. Surtout la boucle de Artoire et ses montagnes russes."
"Sinin j'ai finis cette course difficile après la 2ème boucle (comme beaucoup mais devant Castor Junior . A mon avis, ces 46KM en valait largement 70 sur d'autres."
"des conditions dantesques des conditions hallucinantes brèf que du bonheur "
"C'est un parcours qui mine petit à petit avec tous ces fossés à passer, ces glissades, ces pentes qu'on fait 20 fois alors que les grolles n'adhérent plus... "
"Salut,
Une sacrée hécatombe sur le 71km et le 25km était particulièrement difficile, bref du lourd."
Toutes les photos en intégralité ICI
Commentaires
a+
pierre
Pilou
La météo était folle ce week-end de toute façon !
des conditons dantesques! oui ce fut le cas! la sagesse prévaut quelques fois! tu auras une nouvelle opportunité en 2008!!!
Vu le nombre d'abandons, je me doute que tu as sûrement eu raison...
Au plaisir de te croiser, dans la gadoue ou au sec !
Bises - L'esc@rgot
la troisieme fois sera la bonne !!
Repose toi et je compte sur toi l'année prochaine pour enfin gouter ma bière et me donner ton avis.
Tu as fait le bon choix,rien à regretter.
Merci pour ce CR.
A+
Eric
L'année prochaine moi aussi je m'aligne sur le 71!
L'an prochain tu lui feras la peau !
Ravis de t'avoir revus.
Bonne récup
Le lomb
Tu nous rappelle trop bien, que nous ne sommes pas des machines.
L'écoute de notre corp, et du personnel médical, doit toujours triompher, sur notre mental parfois suicidaire.
Bravo de te respecter, et de respecter ainsi les autres.
JC
Tu as été prudent de t'arrêter, c'était une sage décision.
Remets toi bien
Taz
Tu as fais ce que tu as pu ;"un enfer boueux" comme tu dit ne permets pas une bonne progression ,de surcroit les barrières horaires étaient très contraignantes il en a fallu du courage pour participer à ces épreuves titanesques!
j'ai hate d'un prochain délire en commun
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